28 septembre 2017

Ho’oponopono : Le secret des hawaïens

Écrit par

Joanie Lacroix

Fondatrice

La méthode du Ho’oponopono provient de la spiritualité hawaïenne, et fait de plus en plus d’adeptes un peu partout sur la planète. À l’origine, cette méthode était utilisée comme outil de résolution de conflits entre deux individus ou deux groupes. Lors d’une situation conflictuelle, chaque parti était invité à se présenter au centre du village, et exprimer sa vision des choses, en lien avec la situation conflictuelle. Après avoir partagé leurs perceptions et s’être mutuellement écoutés, ils prenaient alors responsabilité du conflit qu’ils avaient contribué à créer, et cette situation était alors transformée en l’opportunité d’apprendre, et de s’améliorer, afin d’évoluer.

À notre époque, la méthode s’est quelque peu transformée. Plutôt que d’être un outil de résolution de conflit, elle est maintenant un outil d’évolution personnelle, et un instrument de liberté et de sérénité.

Rien n’est plus difficile lorsqu’on vit un conflit que de prendre les devants, d’avouer ses tords et de rester humble face à la responsabilité que l’on a inévitablement dans le conflit. La peur de se sentir humilié et l’orgueil freinent souvent à exposer ce qui est ressenti et à désamorcer les noeuds engendrés par la situation.

LES PRINCIPES DE LA SPIRITUALITÉ HAWAÏENNE

Afin de bien assimiler la méthode du Ho’oponopono, il est important de comprendre les quatre grands principes de la spiritualité hawaïenne.

1. UNITÉ : les hawaïens se sentaient constamment unis au reste de la Création, et se considéraient comme cocréateur de leur vie. Pour eux, tous les éléments de la matière, et tous les êtres vivants sont constitués de l’énergie de vie, qu’ils appellent mana. Ils vivaient donc constamment en harmonie avec la divinité. Pour les hawaïens, la réalité physique est une réflexion des pensées qui nous habitent, et nos pensées créerait donc notre réalité. Tout au long de la vie, des gens influencent de façon inconsciente nos perceptions, nos croyances (souvent limitatives), nos jugements et nos peurs. Comme notre perception de la réalité est filtrée par ce que l’on « croit » être la réalité, ce qu’ils avancent est qu’en changeant notre perspective sur les gens et les situations, nous sommes capables de se transformer d’une façon remarquable et par conséquence, de transformer notre vie.

2. RESPONSABILITÉ : c’est le principe de base du Ho’oponopono, et il est au coeur  même de la philosophie hawaïenne. Pour eux, tout ce qui arrive dans notre vie, nous y avons consciemment ou inconsciemment contribué. Il ne sert donc à rien de blâmer l’autre. L’autre devient un miroir de ce que nous percevons, et la perception de ce qui nous arrive dans notre vie est un reflet de ce qui se trouve à l’intérieur de nous. Ils croient qu’on doit donc prendre la responsabilité de ce que nous créons. Chaque fois qu’un problème est rencontré, c’est d’une certaine façon un programme inconscient qui se manifeste. Ce ne sont pas les autres qui sont responsables des problèmes rencontrés, mais les pensées erronées produites par nos mémoires passées et ce qu’on nous a amené à croire tout au long de notre vie. Le premier pas consiste donc à éliminer ses peurs et ses croyances limitatives, afin de pouvoir se développer à son plein potentiel.

3. POSSIBILITÉS INFINIES : Comme mentionné précédemment, dans la spiritualité hawaiënne, la matérialisation de ce qui se passe dans nos vies est tout simplement le reflet de notre conception du monde et de la réalité. Ce qui les amène à vouloir voir grand, à accueillir l’inspiration, qui arrive souvent de façon inattendue, et d’avancer en ce sens. Ils invitent à entrer pleinement dans l’expérience humaine, afin de se déployer et de vivre la vie qu’on s’était imaginé. Comme ils sont cocréateurs avec l’énergie divine, tout est possible, à condition d’y croire et de faire entièrement confiance, de lâcher-prise sur les attentes et le résultat, mais de se concentrer sur l’état intérieur désiré. Si à l’intérieur, ils imaginaient une vie riche en possibilités, cette vision allait tout simplement se matérialiser dans leur réalité. Ils cherchent donc la solution à ce qui leur  arrive à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur. Ils voient donc l’être humain comme un être spirituels, vivant une expérience humaine, et réalisent qu’ils sont beaucoup plus que ce que leur dicte leurs pensées ou de ce qu’on leur a amené à croire au cours de leur vie. Le Ho’oponopono permet donc de retrouver sa véritable identité, et de retrouver la paix intérieure.

4. L’HARMONIE PARMI LES QUATRE ÉLÉMENTS QUI COMPOSENT NOTRE IDENTITÉ : Selon l’Ho’oponopono, notre identité est composée de quatre éléments : le subconscient, le conscient, le supra-conscient et la conscience divine.

  • Le subconscient (Unihipili) : est l’enfant intérieur de la psychologie moderne. C’est la partie émotionnelle qui enregistre tous les souvenirs dans la mémoire. Il accepte donc tout ce qui lui est dit, que ce soit vrai ou pas. Le subconscient fait constamment référence à nos « mémoires », qui sont des programmes inconscients qui se sont créés à partir d’expériences du passé, puis qui se sont enregistrées dans notre subconscient et donc, qui ressurgissent, lorsqu’on fait face à une blessure ou un échec similaire dans notre vie. C’est aussi cette partie de nous qui anime le corps humain, qui fait par exemple que l’on respire automatiquement sans avoir à penser. C’est une partie très importante et souvent négligée, comme elle est responsable de ce qui est manifesté dans la vie. Si l’on décide consciemment de croire à une nouvelle réalité, le subconscient se mettra en action sans se poser de question et concrétisera cette nouvelle réalité.
  • Le conscient (Uhane) : le conscient est souvent désigné par « l’ego » et il est notre partie mentale, que nous appelons « l’intellect ». Il veut contrôler et prendre toute la place, c’est donc primordial de reconnaître toute l’importance qu’il a, mais de le « tenir en laisse ». Le conscient est important car il détient la capacité de choisir, puisque nous disposons du « libre arbitre ». C’est lui qui décide et qui choisit ce qui est vrai ou non. Nous faisons des choix à chaque instant de notre vie. Son rôle est donc de raisonner et de protéger le subconscient en agissant comme un filtre. Lorsqu’un processus de résolution de problème est amorcé, notamment avec l’Ho’oponopono, c’est lui qui est responsable de reconnaître que le problème est relié à une mémoire du passé qui est rejoué constamment dans le subconscient. C’est aussi lui qui décide de croire à une nouvelle réalité ou de ne plus aller dans la même direction qu’avant.
  • Le supraconscient (Aumakua) : correspond à notre partie spirituelle, que l’on peut nommer l’âme ou le soi supérieur. C’est en fait la petite voix intérieure. C’est la sagesse qui habite chaque être humain, et c’est cette partie de nous qui, quoi qu’il se passe, est toujours parfaite et ne cherche qu’à évoluer. C’est la partie qui sait, et qui connaît très clairement qui elle est. Elle est liée à l’inspiration et à la création. C’est le supraconscient qui fournit l’énergie pour que le subconscient puisse matérialiser ce qui est ressenti et désiré.
  • La conscience divine (Akua) : On l’appelle aussi l’intelligence supérieure, l’intelligence divine, l’énergie divine ou la conscience pure. D’autres vont l’appeler Dieu ou la Source. Tous ces mots sont des concepts, pour illustrer cette énergie puissante qui relie toutes choses entre elles, sur terre et dans l’espace. Cette énergie n’a pas besoin d’être personnifiée intellectuellement par l’homme, elle a simplement besoin que l’on reconnaisse la VIE au coeur de tout ce qui est et de tout ce qui existe. C’est la dimension la plus élevée de l’être et elle est hors du temps et de l’espace. C’est cette partie divine de nous et de toute la création qui est reliée à l’univers tout entier. C’est cette énergie qui est capable de nettoyer et de guérir en profondeur toutes les pensées et les blessures du passé. C’est très difficile pour un être humain de saisir la grandeur de cette dimension. Dans cette conscience divine, tout est possible, c’est l’énergie créatrice et il n’y a aucune limite.

L’objectif est donc de reconnaître et d’aligner ces quatre éléments de soi-même, afin qu’ils vivent en harmonie, et ainsi choisir consciemment la nouvelle réalité que l’on désire manifester.

La méthode de l’Ho’oponopono est donc basée sur ces principes, et se définie par le fait de reconnaître que tout ce qui arrive dans sa vie, on y a inconsciemment contribué, et on en est donc responsable. L’être humain a toujours la liberté de choisir (libre arbitre), de rester accroché aux difficultés rencontrées, ou de lâcher prise, en les remettant à sa partie spirituelle, afin qu’elle agisse à un niveau supérieur. Cette méthode est un outil que les adeptes utilisent au quotidien, plusieurs avancent qu’au fur et à mesure qu’on le pratique, on fait des choix conscients, et donc, le subconscient prend le relai et enclenche lui-même les nettoyages à faire.

HO’OPONOPONO ne se compare pas ni ne s’apprend. HO’OPONOPONO se vit. C’est un art de vivre. HO’OPONOPONO est un véritable chemin vers la conscience unitaire.

LA MÉTHODE

Le Ho’oponopono se résume à quatre affirmations, que l’on répète en s’adressant à soi-même ou à la vie, lorsqu’une situation nous dérange et nous rend inconfortable. On répète ces quatre phrases avec la conscience de ce qu’elles signifient. Ces affirmations sont : « Je t’aime », « Je suis désolée », « Pardonne-moi » et « Merci ». Elles viennent activer l’amour, la responsabilité, le pardon et la gratitude.

« JE T’AIME » : L’AMOUR 

En prononçant « je t’aime », on s’éleve dans un état d’amour. Déjà, dans cet état, il n’y a pas de dualité ni de conflit. Dans l’amour, on reconnait que nous sommes reliés à tout ce qui existe, à tout ce qui vit, et que nous sommes « un ». En reconnaissant qui l’on est, on reconnait instantanément qui est « l’autre ». Dans l’amour, il n’y a pas de jugement. On reconnait que l’autre fait simplement de son mieux, dans l’état de conscience qui l’habite. L’amour permet d’élever ses vibrations. Cet état vibratoire nous amène donc à aimer « ce qui est ». Non pas d’aimer ce que la situation fait vivre émotionnellement, car en pratiquant cette méthode, on désire changer ce qui nous dérange. Mais de l’aimer, en prenant tout ce que cette situation nous offre, en l’acceptant, car elle permet de grandir, d’évoluer, et de prendre conscience qu’on s’est éloigné d’un état de sérénité. Dire « je t’aime » permet donc de se rapprocher de sa véritable essence.

En disant « je t’aime », on est sur le plan de l’âme (supraconscient), et on vient se centrer dans le coeur. On active donc tout le potentiel divin, car on rappelle à nos cellules que l’on fait partie du coeur de TOUT ce qui existe. Incluant soi-même. Dire « je t’aime », c’est aussi s’adresser à soi, on pourrait même dire « je m’aime » afin d’accepter entièrement qui l’on est, et de cesser de se culpabiliser. L’état d’amour n’a pas d’attente, il n’a donc pas besoin que l’autre pense ou partage la même vision que nous. Il permet de faire la paix avec soi et de s’élever au-dessus de la douleur, ou de ce que la situation nous fait vivre émotionnellement.

« JE SUIS DÉSOLÉE » : LA RESPONSABILITÉ

En disant « je suis désolée », on reconnaît le conflit. Ça nous permet d’accepter et de reconnaître que l’on est responsable à 100% de ce qui arrive dans sa propre vie, que son pouvoir créateur a été mal utilisé, bien que ce soit fait inconsciemment pour la grande majorité du temps. La responsabilité est un état de conscience qui permet d’évoluer. Il ne faut pas le confondre avec la culpabilité, qui n’est rien d’autre que de l’autodestruction. C’est très difficile de reconnaître sa responsabilité, car l’ego va souvent vouloir attribuer les problèmes à un événement extérieur, au hasard ou à une autre personne.

En se mettant dans une vibration d’amour en disant « je t’aime », on s’est permis de s’élever au-dessus de l’ego. C’est donc plus facile de prendre responsabilité des situations difficiles. On cesse d’être dans un état de pitié, de blâme ou de victime. On reconnait alors que ce qui est perçu à l’extérieur de nous et qui nous dérange, est en fait de vieilles mémoires qui nous habitent et qui font constamment surface dans nos vies. Le seul moyen pour qu’elles cessent d’agir, c’est de les dissoudre, en prenant conscience de ces mémoires, et en leur permettant d’être nettoyées au quotidien. Lorsqu’on expérimente du stress ou de la peur dans nos vies par exemple, si l’on portait attention, on pourrait se  rendre compte que la cause est en fait une mémoire. Ce sont les émotions qui sont liées à ces mémoires qui nous affectent maintenant. C’est le subconscient qui associe une action ou une personne dans le présent avec quelque chose qui s’est produit dans le passé. Lorsque cela se produit, les émotions sont activées et le stress survient. On doit simplement accepter que cette émotion soit présente en soi, et que ce que l’on vit présentement en est simplement le reflet. En disant « je suis désolée », on fait le choix conscient de se mettre dans un état d’accueil, afin de voir les leçons de vie que l’on peut tirer de cette situation.

« PARDON » : LA RESPONSABILITÉ

Mentionner « pardon », permet de se pardonner à soi-même et donne l’occasion à l’énergie de guérison de se mettre en oeuvre. Souvent, dans les traditions religieuses, une personne extérieure doit nous accorder son pardon. Comme le Ho’oponopono stipule que l’on est les seuls à avoir créé la situation problématique, le fait de pardonner à quelqu’un vient à affirmer qu’il est à blâmer, et que nous, nous sommes « bon » ou « qu’on avait raison », qu’on est en quelque sorte au-dessus de l’autre, ce qui est opposé au fondement de la méthode.

Sur le plan de l’âme (supraconscient), tous les gens que l’on croise dans nos vies sont des enseignants, et nous permettent d’évoluer. La vie est en quelque sorte une pièce de théâtre que nous créons, où nous sommes l’acteur principal. C’est nous qui décidons à chaque instant la prochaine scène, et qui en fera parti. Chaque personne accepte en quelque sorte de jouer ce rôle d’enseignant pour les autres. Ce n’est donc pas aux autres que l’on doit demander ou accorder le pardon, mais à soi-même. On se dit « pardon » d’avoir créé cette situation inconsciemment. Le pardon va permettre de couper le lien avec les mémoires erronées. Il permet de se libérer du passé, tout en permettant l’ouverture du coeur. C’est primordial pour la santé de notre corps également car lorsqu’on cultive des émotions négatives, elles s’imprègnent dans le corps émotionnel, et éventuellement dans le corps physique. Lorsque le processus de guérison s’active : il nettoie, libère, vient désamorcer tous les noeuds que cette situation nous fait vivre, et guéri.

« MERCI » : LA GRATITUDE

Après s’être mis dans une vibration d’amour (supraconscient), d’avoir reconnu l’entière responsabilité de notre pouvoir créateur (conscient), de s’être accordé le pardon et faisant agir l’énergie de guérison (subconscient), on revient sur le plan de l’âme (supraconscient), dans un état de gratitude, en remerciant ce que la situation nous a permis d’apprendre. En disant « merci », on se remercie d’avoir eu le courage et l’humilité de reconnaître sa responsabilité au sein de ce qui est vécu. On remercie aussi les autres, qui sont des maîtres dans nos vies, qui nous enseignent à chaque instant. Qui nous permettent de se reconnecter à soi, sur le chemin de la sérénité. On remercie aussi la vie, on remercie cette énergie divine de se mettre en oeuvre, et d’avoir permis de réveiller cette mémoire qui était en nous, de nous donner l’opportunité d’en prendre conscience, et de nous permettre de la nettoyer. La gratitude éloigne la rancune, et permet de rester dans une vibration élevée. De rester centré dans le coeur.

Après avoir dit ces quatre affirmations, vous pouvez simplement lâcher prise, et laisser aller toutes les attentes. C’est aussi important d’être à l’écoute de ce que sa petite voix intérieure peut proposer suite à ce processus. Ça fait souvent place à la créativité, à l’intuition, à l’inspiration. Ceux qui le pratique recommande de méditer quelques minutes avant d’entamer la méthode, et de terminer avec une dizaine de respirations, afin de faire de l’espace à l’intérieur de soi pour ce qui vient d’arriver, et de rester dans un état de confiance.

Sources et inspirations :
Vitale, Joe et Ihaleakala, Hew Len. Zéro Limite l’ultime secret : la quête des miracles par Ho’oponopono. Éditions Le Dauphin blanc, 2016.
Bodin, Luc et Hurtado Graciet, Maria Elisa. Ho’oponopono : le secret des guérisseurs hawaïens. Éditions Jouvence. 2011.
Williamson, Alain. Ho’oponopono : les 4 grandes lois spirituelles révélées. Éditions Le dauphin blanc, 2016.